Advertisement

« Haïti, la République des petits projets », dixit Etzer Émile


« PetroCaribe est un accord qui permet au pays de bénéficier des facilités de paiement. Avec ledit accord, quand le pays achète des produits pétroliers, il a l’avantage de payer cash une partie de la cargaison et l’autre partie, le reliquat, constitue la dette à long terme », a expliqué Etzer Émile, soulignant que la dette Petro Caribe ne constitue pas un montant accordé ou versé par le Venezuela au pays. L’économiste a avancé que, malgré cette facilité de paiement, le gouvernement peine quelques fois à verser le montant à payer cash, même quand les compagnies pétrolières ont honoré la facture présentée par le Bureau de monétisation d’aide au développement (BMPAD).

Pour l’économiste Etzer Émile, il y a un déficit de gestion intelligente du fonds Petro Caribe. Etzer Émile a souligné que les projets financés par PetroCaribe se chiffraient à 2,2 milliards de dollars américains. « Dans une petite économie comme la nôtre, 2,2 milliards de dollars américains est un montant exorbitant. On aurait dû avoir des croissances économiques autour de 5% et 6%. Cette somme a été dépensée, mais aucune infrastructure d’envergure n’a été réalisée », a indiqué M. Émile, précisant que les 2,2 milliards de dollars représentent une partie de la somme de 4,2 milliards de dollars avancée par la Cour supérieure des Comptes et du Contentieux administratif.

« Haïti, c’est la République des petits projets, a soutenu Etzer Émile. On a préféré acheter des lampadaires au lieu de mettre en place une centrale électrique qui permettrait d’avoir de l’électricité. On a préféré distribuer des roues, des semences et des produits fertilisants que de relancer l’agriculture. On a choisi de construire des routes mesurant 2, 3 et 5 kilomètres que de construire un réseau routier. On a décidé de construire plusieurs petits aéroports que de penser à un grand aéroport. » l’économiste Etzer Émile a rappelé que le fonds PetroCaribe finançait le budget à hauteur de 15 à 18%.

Face aux revendications de la population contre la hausse des prix dans l’économie et la faim, la réponse du gouvernement pourrait être néfaste pour l’économie. « Les mesures les plus faciles et qui ont des impacts rapides sont souvent très néfastes à l’économie. En 1987, quand Henry Namphy avait choisi de baisser les tarifs douaniers, immédiatement les prix des produits importés avaient chuté. Cependant, c’était déjà le début du déclin de la production nationale », a expliqué Etzer Émile, soulignant qu’avec cette mesure, les producteurs haïtiens se trouvent en très grande difficulté.

Etzer Émile a aussi parlé d’un taux d’inflation à deux chiffres constaté dans l’économie nationale depuis plus de quarante mois. « Le taux d’inflation pour le mois de janvier se chiffre à 15,2%. Depuis le mois d’août 2015, l’économie haïtienne connaît un taux d’inflation à deux chiffres. C’est une chose grave », a déclaré le directeur de la firme Haïti Efficace.          

L’économiste était l’invité de l’animateur Guy Webern Guerrier , dit Guy Wewe, qui a décidé d’offrir à ses auditeurs l’opportunité de s’informer sur l’économie nationale au moment de la crise politique et économique.

Gerard Jeanty Junior Source Le Nouvelliste

Be the first to review this item!


Bookmark this

27 Feb 2019


By Gerard Jeanty Junior
Advertisement